Editorial

L’Institut de la Mémoire Audiovisuelle Juive (IMAJ) a le plaisir de vous présenter son 20ème Brussels Jewish International Film Festival (BJIFF) : « Jeux de Dames » qui se tiendra du 18 au 22 mars 2020.

DES REINES, DES DAMES DE PIQUE ET DE CŒUR
Cette édition anniversaire dédiera une partie de sa programmation aux femmes juives – célèbres ou non – qui ont marqué l’Histoire ainsi que nos sociétés, mais également aux femmes qui ont fait ou font le cinéma, derrière et devant la caméra. Nous saluerons ainsi des productrices, des réalisatrices, des actrices et des héroïnes fictives qui, sur une case noire, une case blanche, un jour dans l’ombre, un autre dans la lumière, sont devenues des reines.

Notre festival bisannuel sera également l’occasion de faire découvrir au public bruxellois des fictions, documentaires et courts-métrages, d’horizons variés, remarqués en 2018 et 2019. Nous avons invité la réalisatrice Yolande Zauberman, l’auteure Nathalie Rykiel (présidente de la maison Sonia Rykiel jusqu’en 2012), la réalisatrice Keren Ben Rafael, primée au festival du film méditerranéen pour The End of Love, la politicienne Viviane Teitelbaum, Monique Chalude, « Madame Emploi au féminin », Sylvie Lausberg, la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique et d’autres encore.

A DÉCOUVRIR AU CŒUR DE BRUXELLES
Qu’on se le dise et qu’on le répète : le « judaïsme » d’IMAJ est OUVERT. Il n’est ni politique, ni religieux, ni exclusif à la communauté juive. Il a l’ambition de tisser des liens avec qui veut découvrir ou s’intéresser aux problématiques et aux richesses qui caractérisent ou traversent sa grande et ses petites histoires. C’est pourquoi IMAJ investit, tant pour ses projections ponctuelles que pour ses festivals, des cinémas au cœur de la capitale, pour le plaisir, la curiosité de tous.

Au plaisir de vous y rencontrer ! D’ici là et afin de vous mettre l’eau à la bouche, Florence Lopes Cardozo a interrogé nos dames à nous – Béatrice Godlewicz, directrice d’IMAJ et Agnès Bensimon, présidente – sur l’évolution de 20 ans de festivals de films …

Pourquoi avoir choisi le thème de « femmes et cinéma » pour ce 20ème BJIFF ?

B.G. Nous constatons un jaillissement de films parlant de femmes et de personnages féminins charismatiques : on pense à Mrs G. (Lea Gottlieb, créatrice de la marque de maillot Gottex), à Golda (Meïr), au documentaire Barbara Rubin and the exploding New York underground, femme qui a fait connaître Bob Dylan et qui a également été l’égérie du poète Allan Ginsburg, sans oublier la personnalité de Lea Tsemel qui rayonne dans Advocate, – ce film sera présenté aux Oscars ! Et donc cette actualité, combinée à une période #metoo, nous a interpelés.

A.B. Cette édition me renvoie au début de mes fonctions à IMAJ en 1994 à l’époque du festival “Destins de Femmes”: ce thème reste très riche sur la toile et ne s’essouffle pas : en témoignent le nombre de grandes actrices juives du cinéma et de réalisatrices qui s’épanouissent de plus en plus, notamment parmi la jeune génération. Citons Keren Ben Rafaël dont le troisième long métrage, The End of Love, s’est fait remarquer en Belgique (Festival du Cinéma Méditerranéen) comme à l’étranger (Mostra de Venise). On constate ainsi une continuité du cinéma féminin dans le renouvellement. Pour ce qui est du titre de ce festival, “Jeux de Dames”, il évoque le jeu de la camera, celui de l’actrice, les jeux de miroirs sur la façon de traiter les sujets ou encore les règles de jeux !

Quelles évolutions peut-on remarquer sur 20 festivals ?

B.G. Disons d’emblée qu’il y a beaucoup plus de films sur des questions ou des problèmes de société – tels Family In Transition, Butterfly In Berlin qui traitent de la transsexualité ou M. de Yolande Zauberman qui met la lumière sur un scandale étouffé (pédophilie, inceste dans la communauté orthodoxe juive). Ensuite, le cinéma israélien s’est lui aussi révélé ces dernières décennies. Il connaît un essor remarquable et s’impose sur la scène internationale. Parallèlement à ces émergences, on constate une permanence des films relatifs à la Shoah : autour des Justes, autour des derniers témoins ou des questionnements inextinguibles sur le pourquoi du génocide …

A.B. Je rajouterais, à propos des films en lien avec l’actualité de nos sociétés, Working Woman qui traite du harcèlement au travail … et effectivement continuité et de nouveautés ont jalonné ces 20 festivals. Quant à notre public, on se réjouit de retrouver nos spectateurs fidèles, d’accueillir de nouveaux festivaliers tout en constatant, comme partout ailleurs, que la jeune génération se déplace moins au cinéma …

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